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LA CERDAGNE ...BALADE FLEURIE EN VALLEE D'EYNE

Publié le par MANON

Au coeur de l'hiver, il est bien agréable de repenser à la belle saison qui nous offre en botanique un bouquet opulent de fleurs tel un feu d'artifices du 14 juillet ...cette balade contée par une passionnée des Pyrénées, dont je tairai le nom tant elle est modeste et timide ...

 

 

IL ETAIT UNE FOIS DES FLEURS EN VALLEE D'EYNE.....

Douce vallée, joli ruisseau, charmantes fleurs, joli bois. La vallée aurait pu être ainsi décrite au 19é siècle où il était de mode de parcourir les Pyrénées et de les décrire avec emphase.

La vallée d'Eyne est riante mais elle sait aussi se montrer rude et sauvage malgré le parterre de fleurs qui a fait sa renonmmée. Ainsi au sortir de l'hiver 1995.1996, après les très abondantes chutes de neige, un énorme pont de neige enjambait encore l'im­pétueux torrent vers 2000 mètres et l'Orri de Baix était enseveli en partie sous une coulée. Mais aujourd'hui, malgré un ciel partagé entre les nuages et les éclaircies, tout semble serein en cette veille du 14 juillet.

Je suis à peine sortie du parking que déjà les géraniums des prés m'accompagnent, me faisant une haie d'honneur tout le longdu chemin. Dans les prairies, le jaune s'affiche avec le séneçon à feuilles d'adonis et le genêt des teinturiers.

Le bois est plus monotone sans être vraiment sombre. De l'anémone hépatique, il ne reste plus que les feuilles lobées caractéristisques. Bientôt,en contrebas à gauche, la mégaphorbiaie apparaît peu à peu , le torrent n'est pas loin. La berce des Pyrénées règne sur ce milieu exubérant. Le bois s'éclaircit et c'est la dernière offensive des petits sorbiers, des chèvrefeuilles des Alpes et des sureaux.

Le paysage s'ouvre enfin et je passe à côté du charmant rosier à feuilles de pimprenelle presque sans le voir. Le sentier monte très doucement. A gauche et à droite, ce n'est qu'une succession de fleurs. Seules les hautes plantes attirent l'attention dans cette haute végétation propre à la mégaphorbiaie : l'impératoire, le coscoll ( j'ai définitivement adopté le nom catalan de cette plante, le préférant de loin au nom latin à rallonge).

Un peu à l'écart de cette foule, le lis des Pyrénées commence à vieillir tandis que le lis martagon offre à la fraîcheur matinale ses timides boutons.

 La grande gentiane et le vérâtre se distinguent par leur robustesse.

Les plus petites fleurs sont aussi au rendez-vous et s'approchent timidement du sentier : le géranium des forêts aux délicates fleurs bleues, le vaporeux pigamon à feuilles d'ancolie et sur un terrain plus sec, l'achillée millefeuilles, le genêt sagitté.

 Une jolie composée attire mon regard : l'anthémis des montagnes (je crois car c'est la première fois que je la

rencontre). Un botaniste m'a confirmé la présence de la dauphinelle mais elle n'est pas encore fleurie. Dommage, car je ne la connais pas. L'aconit tue-loup et l'épilobe de saint-Antoine m'accompagnent encore un bout de chemin. Maintenant qu'il a perdu ses jolies fleurs rosés, le daphné bois-joli est difficile à localiser..Je tombe par hasard sur le coeloglosse vert, très discret dans la pelouse.

 Les belles vaches de race gasconne qui redescendent risquent de le piétiner. Le sentier se durcit car un ressaut se présente. De petits points lumineux se détachent dans l'ombre, c'est la pensée à deux fleurs.

 Un peu plus loin, la primevère à larges feuilles à colonisé un rocher plus ensoleillé.

 L'orri de Baix est derrière moi, de l'autre côté du torrent. De nouveau, la pente s'assagit, la très ornementale gentiane de Burser apparaît ainsi que le pédiculaire chevelu.

 Non loin du 2é orri, le vallon se resserre un peu, le ciel se charge innocemment aussi le jaune de l'adonis des Pyrénées et de la potentille ligneuse apporte une note de gaieté. Je ne connaissais pas cette potentille, est-elle rare ? Un peu plus haut la petite globulaire rampante semble vouloir recouvrir un rocher calcaire à elle toute seule ! Adroite du sentier, contre un rocher, en ombrée, croît une forêt miniature de saules herbacées et de saules réticulés.

J'approche d'une zone humide, ce n'est pas un habitat bien sympathique mais il y a là une profusion de fleurs :

Linaigrette à feuilles étroites, populage des marais, délicate saxifrage étoilée, bartsie des Alpes, gentiane des Pyrénées.

Le torrent est bordé de robustes saxifrages aquatiques.

 Le sentier, après s'être un peu enlisé en traversant le pla de la Begud remonte une croupe herbeuse en s'orientant vers l'est. Les derniers rhododendrons ont lâché prise et rendent la pelouse aux petites gentianes printanières aux corolles fermées car le soleil a disparu, aux lychnis, aux trèfles des Alpes mais plus haut,il faudra partager avec l'azalée naine. Le bleu et le rosé dominent. Le sentier aborde un pierrier et la pente l'oblige à zigzaguer.

Dans ce milieu peu stabilisé, subsistent comme ils peuvent, le séneçon blanchâtre, le gaillet à racines chevelues, le chardon-

fausse carline et un délicieux petit pavot qui commence à peine à proposer ses boutons velus aux rares rayons du soleil.

Les sommets du pic d'Eyne et de la Tour d'Eyne se rapprochent mais ils se cachent sous les nuages. Le vent commence à sévir.

Voici sans tarder, le col d'Eyne tout de pierraille rougeâtre revêtu. La brumasse s'effiloche de temps à autre, laissant voir une pente rapide descendant vers Nuria.

La dernière montée au pic d'Eyne est égayée par un tapis de saxifrages pubescentes et par quelques ravissantes renoncules à feuilles de parnassie aux fleurs d'un rosé délicatement strié.

Pic d'Eyne, pas de vue, pentes fuyantes, Nuria, trou noir où tournent sans fin les nuages noirs, tout est noir, effroyable, aurait-on dit au 19é siècle.

Descente contre le vent ou malgré le vent, au choix, sur la crête pierreuse vers le col séparant le pic d'Eyne de la Tour.

Plongée subite à l'abri du vent dans le vaste pierrier très engageant où s'abrite la xatardie, précieuse endémique. Je ne découvre d'elle que les feuilles. Heureusement, l'ibéris spatule est là pour me consoler. C'est une très jolie plante trop délicate pour un pierrier ingrat.

 A ma vue, quelques isards décampent vers la Font de la Coma d'Eyne, plus à gauche. Je ne tarde pas à

rejoindre un petit replat et je retrouve sereinement le sentier emprunté à l'aller, en remarquant encore d'autres fleurs, il y en a tant.

Un botaniste m'a parlé de l'existence d'un hybride entre la renoncule à feuilles de parnassie et la renoncule des Pyrénées,

Mariage illicite et pourtant naturel. La plante se trouve bien plus à l'ouest, vers le pic de Finestrelles, ce sera pour une autre fois.

Le temps se dégrade, de gros nuages roulent dans la plaine de Cerdagne, charriés par le vent d'est et il tonne lorsque je rejoins le parking.

 

Au hasard, quelques photos de cette richesse botanique . Vous pouvez retrouver d'autres photos de la Flore

 dans l' album intitulé " FLORE DES PYRENEES SAUVAGE" ...

 

 

Aconit tue loup  Aconit tue-loup

Adonis des Pyrénées

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                    Adonis des Pyrénées

Géranium des PyrénéesDélicat Géranium

bleu des Pyrénées.

 

                  Majestueux Lys Martagon      lys-martagon.jpg

 

Publié dans NATURE

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